6 min de lecture

Analyse de bassin de visibilité et ligne de vue

Les questions de visibilité semblent simples — voit-on le mât depuis le village ? — et il est étonnamment facile d'y répondre de travers. L'arithmétique est de la géométrie directe ; presque toute l'erreur vient des données d'entrée. Ce guide explique comment se calculent le bassin de visibilité et la ligne de vue, et les quatre décisions qui déterminent réellement le résultat.

Deux questions liées

La ligne de vue porte sur une paire de points : d'ici, puis-je voir là-bas ? Le calcul parcourt le profil du terrain entre les deux et vérifie si quelque chose s'élève au-dessus de la droite qui les relie.

Un bassin de visibilité pose la même question pour chaque cellule d'une zone à la fois, et renvoie une carte : visible ou non depuis l'observateur. C'est la ligne de vue répétée dans toutes les directions.

STREAM calcule les bassins de visibilité et peut restituer le résultat en raster ou en polygones vectoriels, de sorte que la zone visible puisse être mesurée, exportée et superposée à un plan.

Décision 1 : MNS ou terrain nu

C'est de loin le facteur le plus important, et celui qu'on laisse le plus souvent par défaut.

Un bassin de visibilité sur terrain nu voit à travers bâtiments et arbres, puisqu'ils ne figurent pas dans la surface. Il répond à « le relief bloque-t-il la vue ? » — la bonne question pour une étude paysagère ou d'urbanisme où la végétation pourrait être défrichée.

Un bassin de visibilité sur un modèle de surface incluant bâtiments et houppiers répond à « la vue est-elle bloquée aujourd'hui ? ». La zone visible sera nettement plus petite, et pour tout secteur urbanisé ou boisé, le résultat sur terrain nu est simplement optimiste.

Aucun des deux n'est faux. Mais un rapport qui ne précise pas quelle surface a été utilisée ne peut pas être vérifié.

Décision 2 : hauteurs de l'observateur et de la cible

L'observateur n'est presque jamais au sol. Une antenne est sur un mât, une caméra sur un poteau, un œil à 1,6 m au-dessus de la surface. Ajouter le décalage réel change le résultat bien plus qu'on ne l'imagine, car la visibilité se joue sur des angles rasants au-dessus des crêtes intermédiaires.

La hauteur de la cible compte tout autant et est plus souvent oubliée. Demander « le sol est-il visible » et demander « une éolienne de 30 m est-elle visible » donnent des cartes très différentes sur le même terrain.

Décision 3 : le rayon

Tout bassin de visibilité a besoin d'une limite. Sans elle, le calcul court jusqu'au bord de vos données, ce qui produit de longues fines bandes visibles à grande distance, techniquement correctes et pratiquement sans intérêt.

Fixez le rayon d'après la physique de ce que vous étudiez : portée radio, distance à laquelle un objet de cette taille est réellement discernable, ou limite d'étude que vous devez rapporter.

Décision 4 : jusqu'où loin

Sur de courtes distances, la Terre est assez plate pour être ignorée. Sur des dizaines de kilomètres, non : la courbure fait « tomber » le terrain lointain sous la ligne de vue, et la réfraction atmosphérique courbe légèrement le rayon vers le bas. Les deux se compensent en partie, c'est pourquoi les études radio utilisent un rayon terrestre effectif plutôt que le rayon réel.

Si votre rayon fait quelques kilomètres, cela n'a pas d'importance. Si vous évaluez la visibilité à travers un système de vallées ou planifiez une longue liaison radio, si, et un bassin de visibilité purement géométrique sera pessimiste sur les longues portées.

À quoi cela sert

Télécommunications : implanter des mâts et vérifier les liaisons avant que quiconque n'y grimpe.

Étude d'impact visuel : quelles agglomérations verront un parc éolien, un front de carrière ou un bâtiment, et quelle part.

Sécurité et surveillance : implantation de caméras et repérage des angles morts qu'une clôture ne couvre pas.

Mines et carrières : concevoir des merlons d'écran et vérifier qu'un front de taille est masqué depuis une route ou un village.

Foresterie et gestion des urgences : implantation de tours de guet et lacunes de couverture.

Où cela cesse d'être fiable

Un bassin de visibilité, c'est de la géométrie, pas de l'optique. Il indique si une ligne droite est dégagée — pas si un œil humain remarquerait l'objet à cette distance, dans cette lumière, sur cet arrière-plan.

Il hérite aussi de tous les défauts de la surface. Un MNE qui a lissé une petite crête signalera une vue qu'une visite de terrain contredira en quelques secondes. Pour tout ce qui a des conséquences réelles, considérez le bassin de visibilité comme la carte qui vous dit où aller vérifier, pas comme la conclusion.

Lancez une analyse de bassin de visibilité dans STREAM

Windows natif · entièrement hors ligne · bêta gratuite

Logiciel d'analyse de visibilité